Il faut que tu changes sinon…


Ha ces fameuses paroles, lourdes de sens et combien menaçantes. Ces paroles qui portent atteinte à l’estime d’une personne et qui peut remettre en question TOUT son univers.

Trop souvent lors de consultations où j’accompagne des clients à relever les différents défis qui se pointent dans leur vie, ils me demandent :

-Mais pourquoi cette personne demande-t-elle à ce que je change? Est-ce parce que je ne suis pas assez ceci, ou peut-être trop comme cela? Pourquoi cette personne me menace-t-elle de rompre les liens avec moi si je ne change pas? Est-ce parce que je ne suis pas «assez bien» comme ça? Et vous Mireille, croyez-vous que je devrais changer?

C’est avec le cœur triste que je témoigne de l’impact de telles paroles. La question réelle que je leur pose dans ces situations c’est : «Et toi, as-tu le sentiment que tu dois changer? Si tu fais ce changement, le feras-tu pour toi ou pour la personne?»

Changer pour qui? Pour moi ou pour l’autre?

Bien souvent, en prenant le temps de répondre à ces deux questions, les personnes se rendent compte que la base de ce changement ne provient pas d’elles et que, si elles le font, c’est dans le seul but de ne pas déplaire ou même de décevoir l’autre.

Le tout, issu de cette fameuse peur de ne pas être aimé, d’être rejeté ou abandonné. Et c’est pourtant dans ces instants de vulnérabilité qu’il faut particulièrement être vigilant!

En fait, il faut prendre garde aux blessures éventuelles, car ces mêmes personnes qui exigent que l’on change, une fois qu’on l’aura fait, trouveront un autre point que nous devrons ABSOLUMENT améliorer. Vous tomberez alors dans une roue incessante de non-reconnaissance et d’insatisfactions. Vous deviendrez alors le projet de quelqu’un et vous ne serez plus l’auteur de votre vie.

Du coup, on remet beaucoup de pouvoir aux autres sur notre vie et par le fait même on se départit de notre pouvoir à faire des choix et de prendre des décisions dans notre situation. Pire encore, on passe sa vie à la subir plutôt qu’à la vivre!

L’enjeu est grand lorsqu’on y pense : PASSER À CÔTÉ DE SA VIE!

Je me dois d’être claire avec vous…

Avant de poursuivre, je me dois d’être claire sur ma vision avec vous. En aucun temps, mais en AUCUN temps, une personne devrait être appelée à changer pour une autre. Encore moins sur demande! En fait, nul ne devrait avoir à changer sinon pour soi et par choix!

Le changement est une affaire bien personnelle et déjà difficile à saisir, dans toutes ses subtilités, il ne faudrait surtout pas se le voir imposer! On peut changer car on reconnaît qu’il s’agit d’une amélioration à apporter… mais changer sous seul prétexte que ça ne plait pas à l’autre: JAMAIS!

En fait, selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un changement sera ou non réussi?

Voilà que j’ai envie de vous partager les 5 éléments clés d’un changement réussi :

#1: Le changement doit partir d’un désir profond de voir s’améliorer une situation dans votre vie.

Prenons pour exemple, une personne qui souhaite cesser de fumer. Si les raisons pour lesquelles elle souhaite s’engager dans un tel processus est d’avoir une meilleure santé, de se sentir mieux, et d’allonger son espérance vie, voilà que cette personne a plus de chances de réussir que celles qui le fait parce que son entourage lui a demandé de cesser… parce que ce n’était pas bon pour elle.

En fait, si la personne le fait pour les autres, elle sera tôt ou tard confrontée à la tentation et il lui sera beaucoup plus difficile d’y résister. Dans cette clé s’insère la notion de sources de motivation intrinsèque ou extrinsèque.

En mots plus simples,​ cela veut tout simplement dire : Pour qui je le fais? Pour moi ou pour l’autre? Il y a une théorie qui dit: Pour qu’un changement soit réalisable, il doit être composé de 70% de motivation intrinsèque (intérieure) et 30% extrinsèque (extérieur).

Je ne le dirai jamais assez: C’est à nous que revient la responsabilité de changer et à nous revient le pouvoir de choisir si ce changement s’impose ou non.

Notre entourage peut nous servir de soutien ou de motivation, mais tout comme personne n’a le droit de nous imposer un changement, personne n’a les capacités réelles d’en apporter dans nos vies.

Alors la notion de responsabilité prend toute son importance. Vous jugez qu’il est temps que la situation change? Allez hop, c’est le temps de passer à l’action!

#2: Pour réussir un changement ça prend de l’engagement

Sans cet élément, l’échec nous guette et nous menace de nous maintenir dans notre même situation indésirable ou indésirée.

L’engagement est comme le carburant qui nous mènera vers notre objectif. En ce sens, sans essence, on pourra longtemps miroiter le changement, mais nous n’irons pas très loin vers l’atteinte de nos objectifs. Pouvoir dire haut et fort :

Moi, (nom), je m’engage à… d’ici (mettre un délai).

Vivez l’expérience! Ressentez le au plus profond de vos cellules! Il faut le sentir au plus profond de soi et constamment se le répéter et cela aura un effet très puissant vous verrez. Une autre théorie indique que si vous écrivez 100 fois une même phrase, que votre cerveau l’intègre et se programme en fonction d’elle.

Ne trouvez-vous pas que ça vaut la peine de tenter le coup?

#3: Définir le «pourquoi» du changement

Le «pourquoi» fera appel à la motivation et prendra tout son sens dans les moments où nous seront confrontés au découragement et/ou à l’abandon.

Tantôt, je vous ai introduit à la notion de : extrinsèque et intrinsèque. Plus votre source de motivation sera personnelle (individuelle) et plus vous serez à l’abri des intempéries.

Une chose bien banale vous me direz, mais il se peut que vous trouviez ça pratique d’avoir de quoi vous couvrir si vous rencontrez, sur votre route vers le changement, une forte pluie (obstacles).

#4: Pour réussir un changement, il faut savoir bien s’entourer

C’est de notre responsabilité de croire que le changement est possible. Ce n’est pas aux autres de nous convaincre. Malgré ce fait, il faut savoir protéger cette envie de réaliser ce changement. Peut-être aurez-vous à vous protéger des pessimistes qui, dès la première occasion, tenteront de vous dissuader.

Tsé ce genre de commentaire: Quoi? Toi? Tu veux faire ça? Mais tu n’y arriveras jamais!

Faites comme ces chasseurs de rêves (partent à la découverte de quiconque pourrait réussir ou vivre ses rêves), partez vers d’autres découvertes…cette fois qui va vous encourager à monter plutôt que descendre!

Tel que le cite cette clé, il faut savoir protéger ce changement envisagé des pessimistes susceptibles de se pointer. Il y aura toujours une personne pour vous dire que votre projet ne fonctionnera pas et qui tentera de vous décourager. Encore là, rappelez-vous votre pourquoi vous désirez ce changement et rappelez-vous toujours votre engagement.

Un jour j’ai lu, il suffit de s’entourer de trois personnes qui croient en nous, pour s’élever auprochain niveau! Donc, avant d’entreprendre un changement, évaluez la qualité de votre entourage. Ça vaut le coup!

#5: Croire en nous, quoiqu’il arrive

C’est possiblement la clé qui vous semble la plus inateignable! Et comment faire me direz-vous? C’est simple… en posant des petites actions chaque jour, vous deviendrez de plus en plus confiant. Et lorsque le résultat ne sera pas celui espéré, posez-vous cette question:

Qu’est-ce que cette expérience m’a appris sur moi? Que puis-je faire pour me rapprocher de MA réussite?

Pour terminer…

En guise de conclusion, j’ai envie de vous dire ceci : la prochaine fois où une personne viendra vous dire que vous devez changer, remerciez-la d’être dans votre vie et de confirmer (ou d’infirmer) qu’elle vous considère assez pour vouloir votre bien.

Et que maintenant que vous savez qu’elle veut votre bien, que son seul devoir est de vous faire confiance quant aux changements que vous apporterez ou non dans votre vie…que peu importe l’issue, vous en retirerez une expérience et dans tous les cas vous aurez gagné.

Bon changement!

Mireille Chevalier, Travailleuse sociale, Membre de l’OTSTCFQ

Coach en neurosciences, Formatrice en entreprise, Organsiatrice du Salon Santé et Mieux-Être de l’A.-T.

Superviseure d’étudiants en stage au BAC en travail Social

Experte en changement et en responsabilisation, Mireille Chevalier a pour mission d’insuffler, chez les individus ou dans les organisations, une volonté de s’engager dans un processus de changement, peu importe ce qu’ils désirent voir s’améliorer et/ou changer et de les inciter à passer à l'action afin qu’ils se réalisent pleinement.